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Une vingtaine d’aéroports en trop en France

Une vingtaine d'aéroports en trop en France

Alors que les opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes défilaient ce week-end pour montrer une nouvelle fois leur opposition à sa construction, le Board of Airlines Representatives (B.A.R) en France, organisme représentant les compagnies aériennes, indiquait de son côté que la France avait trop d’aéroports.

 

Manque de rentabilité

La France compte actuellement 160 aéroports sur son territoire et une quarantaine d’entre eux attirent moins de 10 000 passagers par an, ce qui est insuffisant pour être rentable. Ainsi, certains spécialistes indiquent qu’environ 20 aéroports sont en trop sur le territoire français. Un argument régulièrement repris par les écologistes et désormais appuyé par les compagnies aériennes qui subventionnent en grande partie les aéroports en question.

Une étude de 2009 confirmait ce nombre trop important d’aéroports en comparant le nombre d’habitants par aéroport en France et en Europe. Ainsi, en France on comptait 1 aéroport pour 358 000 habitants loin devant les autres grands pays européens. En effet, en Allemagne il y a 4.3 millions d’habitants par aéroport, l’Italie compte un aéroport pour 2.1 millions d’habitants et le Royaume Uni 1.2 millions d’habitants par aéroport.

 

Des aéroports trop proches

Un autre point soulevé par le B.A.R concerne les aéroports trop proches les uns des autres et qui entraînent une sous-utilisation de chacun d’entre eux. L’exemple le plus représentatif est la Normandie qui compte 5 aéroports dont 3 dans un rayon de 50 km pour une population inférieure à 2 millions d’habitants.

De nombreux autres aéroports sont situés à moins d’une heure les uns des autres. C’est le cas d’Annecy et Chambery, de Nancy et Metz ou encore de Nîmes et Montpellier. Est-il nécessaire de maintenir tous ces aéroports en activité, c’est la question que se pose le B.A.R d’autant plus que ces aéroports coûtent chers en fonctionnement.

Jean-Michel Vernhes, président de l’UAF (Union des Aéroports Français), précise que « le problème c’est que les collectivités sont parfois en concurrence. Et chacune estime avoir besoin de cet aéroport pour son développement économique ». Et les spécialistes de surenchérir en indiquant que « même si le trafic commercial disparaît », les aéroports en question resteront.

 

Un gouffre financier

Jean-Pierre Sauvage, président du Board of Airlines Representatives, indique que « 100 millions d’euros sont redistribués au titre de la péréquation en fonction des besoins pour la sécurité et la sûreté » vers les petits aéroports. Le principe de la péréquation vise à réduire les écarts de richesse entre les petits et grands aéroports. Un principe qui coûte cher aux compagnies qui financent cela via la taxe d’aéroport. Grâce à ce principe, l’Echo Touristique indique que l’aéroport de La Môle a reçu 1 million d’euros alors qu’il accueille moins de 7000 passagers par an.

Les petits aéroports coûtent chers aussi aux collectivités et donc aux contribuables. La cour des comptes, qui a pointé du doigt récemment les billets gratuits de la SNCF, a indiqué que « malgré certaines exceptions notables, en deçà d’un certain seuil de trafic, aucun des aéroports décentralisés n’équilibre son exploitation sans subvention. Dans plusieurs cas, les subventions d’exploitation ont représenté chaque année des montants supérieurs à 100 € par passager en moyenne entre 2000 et 2006 ». Parmi les aéroports bénéficiant de ces subventions, celui de Montluçon-Guéret aurait bénéficié de subventions allant jusqu’à 3500€ par passager en 2005.

Selon l’Echo Touristique, pour 138 aéroports français sur 160, il est presque impossible d’être rentable. De quoi s’interroger sur la nécessité de tous les maintenir en activité.

Sources : L’Echo Touristique, Tour Hebdo, Consoglobe, WhichBudget – Crédit Photo : Ketounette

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A propos de l'auteur : Alexandre de KelBillet

Alexandre de KelBillet

Passionné par le web et le journalisme, j'interviens auprès de KelBillet comme rédacteur web. Amoureux de la Bretagne, de Londres et de la Moselle, je suis un adepte des transports en commun pour m'y rendre. Signe particulier : je sais mieux me repérer à Londres qu'à Rennes, ma ville natale.

a écrit 2500 articles sur le blog de KelBillet.

2 Commentaires

  1. AL dit :

    Metz et Nancy ? Je pensait qu’il n’y avait qu’un seul aéroport pour ces deux villes qui s’appelle d’ailleur Metz-Nancy-Lorraine

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