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Air France : une nouvelle compagnie à bas prix pour le moyen et long courrier

Ce 3 novembre 2016, Jean-Marc Janaillac, PDG du groupe Air France-KLM, a présenté « Trust Together », la nouvelle stratégie du groupe. Axée autour de 9 points, celui qui a retenu l’attention de tout le monde est le lancement d’une nouvelle compagnie pour regagner des parts de marché sur le réseau moyen et long courrier. Voici ce que l’on sait sur « Boost », le nom de code de ce projet, qui devrait prendre son envol fin 2017 / début 2018.

 

Pas une compagnie low-cost à proprement parler

Lors de son intervention, Jean-Marc Janaillac a tenu à marteler que cette compagnie ne serait pas une compagnie low-cost. Même si elle a pour but de proposer des tarifs plus bas, « Boost » aura les mêmes standards que les vols Air France. La flotte de cette nouvelle compagnie sera composée de 10 avions bi-classe (Affaires et Economie) qui voleront sur un réseau de nouvelles lignes (environ 30%), de lignes fermées dans le passé ou de lignes déficitaires du réseau actuel d’Air France. Ces dernières, qui n’auraient pas pu survivre sans la mise en place de « Boost », font face à la concurrence des compagnies du Golfe et concernent principalement des destinations asiatiques.

A terme, « Boost » devra assurer 10% de l’activité long-courrier d’Air France et 20% de l’activité moyen-courrier ce qui entraînera une nouvelle stratégie pour Transavia. Ainsi, la compagnie low-cost européenne d’Air France se focalisera un peu plus sur des trajets Paris-Province ou Province-Province pour concurrencer le TGV et les autres compagnies low-cost.

La compagnie « Boost » servira également de laboratoire d’essai pour Air France. La compagnie déploiera un service de divertissement inédit et pourrait par exemple proposer des couchettes en soute ou dans le plafond de l’appareil pour la classe Economie. Ce système inspiré des cabines de repos de l’équipage devra cependant obtenir les autorisations nécessaires. Un processus qui pourrait prendre plusieurs années avant de pouvoir le proposer aux voyageurs. Si ce service voit le jour, il sera réservé « aux passagers en classe économie, qui ne sont pas claustrophobes » et qui seront prêts à « payer un petit supplément pour pouvoir dormir dans l’une de ces cabines » a précisé Jean-Marc Janaillac à Europe 1.

En ce qui concerne l’équipage des avions, il sera composé de pilotes volontaires d’Air France tandis que les hôtesses et stewards (PNC) seront recrutés en externe.

 

Des syndicats de PNC très critiques

Le syndicat de pilote SNPL Air France s’est montré plutôt positif suite à cette présentation car « il y a un projet, une stratégie, des objectifs et un dirigeant qui semble vouloir se donner les moyens. […] Nous n’avons aucune objection de principe à la création d’une nouvelle compagnie, qui permettrait de tourner enfin le dos à l’attrition. Mais cela reste un projet. Tout dépendra des conditions de mise en oeuvre ».

Du côté des PNC, les réactions sont plus virulentes. Flore Arrighi, présidente du syndicat UNAC, considère cela comme la « mort annoncée » d’Air France tandis que l’UNSA-PNC et le SNPNC-FO « s’interrogent sur l’opportunité de créer une structure dont le caractère low-cost ne repose que sur une baisse des salaires de PNC à l’embauche, sur une densification de ses cadences et de nombre à bord, aux dépens de sa fonction en matière de Sécurité. »

L’inter-syndicale ajoute que « cette nouvelle structure qui ne générera que des emplois PNC low-cost va détruire plus de 1000 emplois de PNC à Air France dans un premier temps » et que « la compétitivité du Transport aérien français en général et du Groupe Air France en particulier passe avant tout par une réduction des taxes et redevances qui les frappent, et non par une précarisation de son Personnel ».

Les prochaines négociations entre les PNC et la direction risquent donc d’être compliquées et une grève n’est pas à exclure dans les prochains mois.

Sources : Les Echos, Air Journal, PNC Contact, Europe 1 – Crédit Photo : Adrian Pingstone [Public domain], via Wikimedia Commons

A propos de l'auteur : Alexandre de KelBillet

Alexandre de KelBillet

Passionné par le web et le journalisme, j'interviens auprès de KelBillet comme rédacteur web. Amoureux de la Bretagne, de Londres et de la Moselle, je suis un adepte des transports en commun pour m'y rendre. Signe particulier : je sais mieux me repérer à Londres qu'à Rennes, ma ville natale.

a écrit 2416 articles sur le blog de KelBillet.

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