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Nombre de passagers, portrait type du voyageur, retards : le point sur l’année 2019 pour le secteur du train

En parallèle de son bilan sur le secteur du bus, l’Autorité de régulation des transports (ART), précédemment connue sous l’acronyme ARAFER, a publié les premiers chiffres clés de 2019 concernant le marché du transport ferroviaire de voyageurs*. On fait le point.

 

1,4 milliard de passagers transportés en 2019

En 2019, la fréquentation des trains a légèrement progressé par rapport à 2018. L’année dernière, 1,4 milliard de passagers ont pris place à bord d’un train contre 1,35 milliard un an plus tôt. Comme en 2018, des grèves ont émaillé l’année 2019 et celles-ci ont par conséquent eu des impacts sur la fréquentation à bord des trains au quatrième trimestre 2019. En 2020, l’impact du COVID-19 sera particulièrement important sur la fréquentation à bord des trains comme en atteste les premiers chiffres dévoilés par l’ART (voir en fin d’article).

Un réseau dense qui se rajeunit progressivement

Avec 28 700 kilomètres de lignes ferroviaires, la France se classe toujours en deuxième position européenne pour la taille totale de son réseau derrière l’Allemagne. Un réseau qui se rajeunit progressivement depuis fin depuis 2015. L’âge moyen des voies est ainsi passée de près de 31 ans à 29 ans fin 2019. Les lignes à grande vitesse sont les lignes ayant l’âge moyen le plus faible (18 ans) tandis que les 2 700 km de voies peu circulées et utilisées seulement pour des activités de fret ont un âge moyen de 72 ans.

Ce réseau développé permet de desservir régulièrement (au moins 50 dessertes par an) 2 820 gares en France réparties sur 2 500 communes. La quasi-totalité des gares sont desservies par des trains TER ou Transilien. Les trains INTERCITES desservent quant à eux 256 gares tandis que les trains à grande vitesse (TGV INOUI, OUIGO)  ont desservi 240 gares en France en 2019.

A noter que les gares dites d’intérêt local, et donc principalement desservies par les TER, représentent 62 % des gares en France mais ne représentent que 2 % de la fréquentation. Les gares d’intérêt régional drainent quant à elle 62 % du trafic et représentent 34 % des gares desservies. Les gares d’intérêt national quant à elle ne représente que 4 % des gares desservies mais représentent 36 % de la fréquentation des trains.

Un taux de ponctualité en hausse

Selon les premiers chiffres révélés par l’ART, le taux de ponctualité s’améliorerait en 2019 par rapport à 2018. Pour rappel, le pourcentage des trains ayant un retard supérieur à 5 minutes s’élevait à 13 % en 2018. En 2019, ce taux est de 11 % tous trains confondus.  L’amélioration de la ponctualité des trains peut notamment se constater à bord des trains INTERCITES (+4 points) et les trains à grande vitesse domestiques (+ 3 points pour les TGV INOUI et OUIGO).

L’ART dresse le portrait type du voyageur en train à grande vitesse

Au cours de l’année 2019, l’ART a conduit une enquête auprès de 7 409 personnes ayant emprunté un TGV, TGV INOUI ou OUIGO afin de pouvoir dresser un portrait type des voyageurs prenant le train à grande vitesse**.

Si la proportion d’hommes et de femmes est comparable à celle constatée dans la population française (52% de femmes, 48% d’hommes), les 25-34 ans sont sur-représentés à bord des trains à grande vitesse. Alors qu’ils ne représentent que 10% de la population française, ils sont 23% à bord des TGV, TGV INOUI et OUIGO. A contrario, les plus de 65 ans ne représentent que 13% des personnes à prendre un train à grande vitesse alors qu’on compte 25% de plus de 65 ans dans la population française. L’ART précise que ces taux pourraient en partie être expliqué par le mode d’enquête (questionnaire en ligne).

Les personnes empruntant les trains à grande vitesse le font à 65% pour des motifs liés aux loisirs (vacances, week-end, visite d’un proche). 27% des voyages sont quant à eux à titre professionnel, un taux bien plus élevé que ce l’on constate pour le bus où seulement 7% des déplacements se font pour un motif professionnel.

Cette étude révèle également que les personnes qui font plusieurs fois le même trajet dans l’année restent fidèles aux TGV ou aux OUIGO. Par ailleurs, si le train à grande vitesse n’avait pas été proposée sur leur trajet, 30% des voyageurs ne se seraient pas déplacés.

Enfin, cette étude confirme que le prix du billet est plus avantageux lorsque vous anticipez vos achats. Ainsi, en achetant un billet deux mois à l’avance, le prix kilométrique est de 7 centimes d’euros par kilomètre tandis qu’il est en moyenne d’un peu plus de 12 centimes du kilomètre, la veille ou le jour même du départ.

Un premier point sur l’impact du COVID-19 sur le secteur ferroviaire

L’Autorité de régulation des transports a profité de ce bilan pour faire un premier point sur l’impact du COVID-19 sur le secteur ferroviaire. Sans grande surprise, la période de confinement a été particulièrement impactante avec une offre longue distance internationale quasiment stoppée et l’offre TGV/OUIGO réduite à 7 % de son offre habituelle. Cette baisse de l’offre n’est pas propre au train puisque sur les 71 liaisons les plus domestiques, l’ART a constaté une chute pour l’ensemble des modes de transport (bus, avion, covoiturage).

Les trains TER et Transilien ont été impactés dans une moindre mesure afin d’assurer les déplacements des personnes ayant des missions essentielles ou ne pouvant pas télétravailler.

L’ART précise que le COVID-19 pourrait avoir des impacts sur l’arrivée de nouveaux opérateurs dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. Les opérateurs ayant perdu beaucoup d’argent, ils pourraient limiter les investissements sur de nouveaux marchés et se concentrer avant tout sur leur capacité à regagner leur clientèle.

* L’ART précise que les chiffres relatifs à l’année 2019 doivent être considérés comme provisoires.
** La méthodologie appliquée pour cette enquête est décrite dans le rapport suivant : https://www.autorite-transports.fr/wp-content/uploads/2020/07/enquete-tagv-2019.pdf
Crédit Photo : [Mihail Dechev] © 123RF.com

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A propos de l'auteur : Alexandre de KelBillet

Alexandre de KelBillet

Passionné par le web et la rédaction, j'interviens auprès de KelBillet comme rédacteur web. Amoureux de la Bretagne, de Londres et de la Moselle, je suis un adepte des transports en commun pour m'y rendre. Signe particulier : je sais mieux me repérer à Londres qu'à Rennes, ma ville natale.

a écrit 2816 articles sur le blog de KelBillet.

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