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Train : les solutions proposées par la FNAUT pour améliorer les temps de parcours

La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) vient de dévoiler les résultats d’une étude qu’elle a commandé à Gérard Mathieu, économiste et expert ferroviaire, portant sur les solutions possibles pour réduire la durée des trajets en train. Pour l’association, « contrairement à une idée à la mode, le temps de parcours reste un élément important du choix modal des voyageurs, comme le démontre la forte variation de la fréquentation à chaque ouverture d’une LGV ou à chaque introduction d’un ralentissement ». On fait le point sur les solutions proposées par Gérard Mathieu.

 

4 axes d’amélioration proposés

En 2015-2016, Gérard Mathieu avait déjà été sollicité sur cette question et avait étudié les apports d’un relèvements de la vitesse maximale sur l’ensemble des lignes classiques. Résultats : à de rares exceptions près, les gains de temps étaient assez modestes et la FNAUT a donc demandé à l’expert de réfléchir à d’autres solutions pour améliorer les temps de parcours des trains.

Les préconisations de Gérard Mathieu s’articule autour de 4 points : optimiser l’exploitation, améliorer la politique commerciale, moderniser le matériel roulant et adapter les infrastructures.

 

Optimiser l’exploitation

L’expert préconise tout d’abord de « retendre les horaires de trains » c’est-à-dire de réduire les marges de régularité et les marges commerciales qui sont inclues dans le temps de parcours afin de permettre de rattraper plus facilement des retards.

Gérard Mathieu indique que les marges de régularité correspondent à 5% du temps de trajet sur les lignes LGV et à +4,5 minutes par tranche de 100 km sur les lignes classiques. Ainsi, un train Paris-Marseille voit son temps de parcours augmenté de 9 minutes à cause de cette marge de régularité tandis qu’un train Paris-Toulouse a son temps de trajet augmenté de 32 min pour les mêmes raisons. L’expert précise que ces marges n’ont toujours pas lieu d’êtres sur certaines lignes ou certains horaires.

Autre point évoqué par Gérard Mathieu concernant l’optimisation d’exploitation : la durée des arrêts qui est à revoir. Actuellement la norme est de 3 minutes et jusqu’à 4 à 5 minutes dans les grandes gares alors qu’en 1970 celle-ci était d’une minute. Pour l’expert, il serait possible d’adapter la durée en fonction des heures creuse ou de pointes ainsi qu’en fonction du trafic. Afin de permettre cela, Gérard Mathieu indique qu’il faut « indiquer systématiquement et de manière très visible le positionnement des voitures » mais aussi « rendre le plan de la gare plus lisible (signalétique, annonces) et libérer les cheminements des obstacles qui les encombrent trop souvent »

 

Améliorer la politique commerciale

Pour Gérard Mathieu, le temps de parcours des trains pourrait être amélioré en diversifiant l’offre SNCF avec des trains omnibus et des trains semi-directs afin d’optimiser le nombre d’arrêts. L’expert cite aussi la nécessité d’améliorer les fréquences des trains et d’optimiser les correspondances qui « est aussi mal ressentie qu’une majoration du temps de parcours de l’ordre d’une heure : perte de temps, fatigue et stress (crainte de rater le deuxième train, surveillance des enfants, transport des bagages, cheminement dans une gare inconnue) ».

Dernier point évoqué dans l’axe lié à la politique commerciale : le besoin de renforcer l’intermodalité (taxis, voiture particulière, transport public, …) car c’est la durée totale du déplacement de porte à porte qui est prise en compte par le voyageur lorsqu’il choisit ses modes de transport.

 

Moderniser le matériel roulant

Gérard Mathieu évoque dans ce point la nécessité d’avoir un matériel plus accessible notamment avec des portes plus larges et un plancher bas pour facilité l’embarquement des personnes à mobilité réduite.

L’expert précise aussi que les trains doivent être en mesure de rouler à la vitesse maximale permise sur les tronçons empruntés mais aussi avoir des fortes capacités de freinage ou d’accélération notamment les TER qui sont soumis à de nombreux arrêts et variations de vitesse.

 

Adapter les infrastructures

Dernier point abordé par Gérard Mathieu, la nécessité d’adapter les infrastructures ferroviaires afin de supporter des matériels plus puissants et l’augmentation du trafic. L’expert préconise aussi le changement des aiguillages en entrée et sortie de gare afin de relever la vitesse de franchissement de 30km/h à 60 km/h et qui peut faire gagner en moyenne 2 min sur le temps de trajet.

Pour donner plus de poids à ses préconisations, Gérard Mathieu a livré 3 exemples de gains de temps possibles. Ainsi, les TER Caen-Rouen pourraient voir leurs temps de trajets réduits de 14 minutes tandis que les voyageurs entre Paris et Clermont-Ferrand pourraient passer 33 minutes de moins à bord des trains INTERCITES. Pour les TGV Paris-Barcelone, l’expert a calculé que le temps gagné pouvait monter jusqu’à 60 minutes en adaptant la marge de régularité et le nombres d’arrêts desservis (voir les explications complètes dans le communiqué de la FNAUT).

A propos de l'auteur : Alexandre de KelBillet

Alexandre de KelBillet

Passionné par le web et le journalisme, j'interviens auprès de KelBillet comme rédacteur web. Amoureux de la Bretagne, de Londres et de la Moselle, je suis un adepte des transports en commun pour m'y rendre. Signe particulier : je sais mieux me repérer à Londres qu'à Rennes, ma ville natale.

a écrit 2416 articles sur le blog de KelBillet.

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