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Avion : vers la présence obligatoire de deux personnes dans le cockpit tout au long du vol

Vendredi dernier, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a préconisé la présence de deux membres d’équipage dans le cockpit pendant l’intégralité du vol dont « au moins un pilote qualifié ». Une décision qui fait suite aux révélations de l’enquête sur le crash de l’avion de Germanwings qui aurait été provoqué par le copilote après s’être enfermé dans le cockpit alors que le commandant de bord prenait une pause.

 

Règle obligatoire aux États-Unis

Si cette recommandation est pour le moment temporaire en Europe, il s’agit d’une règle obligatoire aux Etats-Unis depuis de nombreuses années. La FAA, l’autorité américaine de sécurité de l’aviation civile, impose toujours la présence de deux personnes dans le cockpit. Les pilotes et copilotes ne doivent s’absenter que pour des besoins physiologiques ou pour réaliser des tâches en liaison avec les opérations de l’appareil.

Depuis l’accident, de nombreuses compagnies européennes et internationales ont adopté cette règle et ce même avant les recommandations de l’EASA. Parmi ces compagnies, nous retrouvons bien sûr l’ensemble des compagnies allemandes, pays le plus touché par ce drame. Air France, easyJet, WestJet, Air Canada, Corsair, Austrian Airlines sont quelques-unes des autres compagnies ayant appliqué cette règle.

A noter que cette mesure était déjà en place au sein des compagnies Finnair, Ryanair et Iberia avant le crash de l’avion de Germanwings.

 

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Si cette décision vise à rassurer avant tout les passagers, elle ne fait pas l’unanimité auprès de tout le monde notamment auprès du syndicat des pilotes de ligne, le SNPL France Alpa. Dans un communiqué, celui-ci indique : « Si le SNPL France ALPA partage l’impérieuse nécessité de tirer les enseignements de tout accident afin de trouver les voies d’amélioration de la sécurité aérienne, il exprime toutes ses réserves sur la pertinence d’une recommandation prématurée qui pose nombre de questions et qui induit de nouvelles menaces. »

Il précise également « que cette recommandation a été décidée dans la précipitation, sans attendre un diagnostic suffisamment complet de l’accident et sans mesure d’impact. En effet, les circonstances de la catastrophe aérienne du mardi 24 Mars connaissent encore des zones d’ombre et les causes de l’accident ne sont pas formellement confirmées. Les enquêtes techniques et judiciaires ne font que commencer. Par ailleurs, la mesure recommandée n’a pas été suffisamment évaluée, tant sur le plan opérationnel que sur les menaces et les risques induits, comme le reconnait d’ailleurs explicitement l’EASA dans son communiqué. »

Cet avis est partagé par de nombreux pilotes qui se sont exprimés dans les journaux ainsi que par des cadres de certaines compagnies aériennes. L’un d’entre eux a confié au journal La Tribune : « Il y a eu cinq cas de suicide de pilote en 33 ans, dont deux sont contestés (ceux de la RAM et d’Egyptair). Il ne faut pas prendre une mesure pour contrer un risque rarissime qui fragiliserait tout le système ».

Avant de décider si cette mesure temporaire deviendra définitive, l’Association Internationale du Transport Aérien a invité à attendre que « l’enquête soit complètement achevée pour déterminer les mesures qui peuvent empêcher une tragédie comme celle là de se reproduire ».

Sources : SNPL, La Tribune, Liberation, Air Journal – Crédit Photo : Ralf Roletschek

A propos de l'auteur : Alexandre de KelBillet

Alexandre de KelBillet

Passionné par le web et la rédaction, j'interviens auprès de KelBillet comme rédacteur web. Amoureux de la Bretagne, de Londres et de la Moselle, je suis un adepte des transports en commun pour m'y rendre. Signe particulier : je sais mieux me repérer à Londres qu'à Rennes, ma ville natale.

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